Téléphone MARTY 1910

Les téléphones MARTY étaient des téléphones fabriqués par différents constructeurs en respectant un cahier des charges précis.

Ils ont été fabriqués à partir de 1910.

Il dispose sur le coté d’une manivelle commandant une « magnéto ». Cette magnéto génère un courant alternatif qui se propageait sur la ligne téléphonique et permettait d’avertir l’opératrice que l’on souhaitait établir une communication.

Le téléphone se présente sous la forme d’une boîte en bois verni.

Le MARTY pouvait être en version à poser sur table, ou mural.

Ce téléphone est composé de :

  • Batterie locale : A cette époque, le téléphone a besoin d’une batterie locale pour fonctionner. Cette batterie, de 3V environ (courant continu), permet d’alimenter le microphone.
  • Magnéto : La magnéto se commande à l’aide d’une manivelle qui sort du coffret. En faisant tourner la manivelle, on actionne la magnéto qui génère un courant alternatif qui permet d’alerter l’opératrice que l’on souhaite établir une communication.
  • Bobine d’induction : D’un rapport 1:10, elle permet d’adapter l’impédance à la ligne afin de limiter les pertes.
  • Capsule microphonique : Disposée dans le combiné
  • Écouteur : L’un dans le combiné, l’autre séparé comme écouteur complémentaire.

A l’intérieur d’un téléphone MARTY, on trouve un bornier de raccordement dont les plots sont identifiés :

  • L1/L2 : raccordement de la ligne téléphonique, les 2 fils se connectent indifféremment sur les 2 plots.
  • S1/S2 : raccordement de la sonnerie, les 2 fils se connectent indifféremment sur les 2 plots.
  • CM/ZM : raccordement de la batterie locale. A l’origine, il s’agissait de 2 éléments de 1.5V.
  • M/M : raccordement du micro, normalement pré-câblé vers le micro du combiné
  • R1/R1 : raccordement du premier écouteur, normalement pré-câblé vers l’écouteur du combiné
  • R2/R2 : raccordement du premier écouteur, normalement pré-câblé vers l’écouteur supplémentaire

Un ingénieux dispositif à lames permet d’orienter la magnéto sur la ligne ou le couple micro/écouteur en fonction du décroché ou non du combiné.

Lorsque le combiné est raccroché, la magnéto est connectée sur la ligne. En tournant la magnéto, un courant d’appel (environ 60V alternatif) est envoyé sur la ligne. A l’autre extrémité, ce courant d’appel permet de faire retentir la sonnerie.

Lorsque le combiné est décroché :

  • en émission, le signal audio du microphone est appliqué au primaire de la bobine d’induction. Côté secondaire, le signal audio est envoyé sur la ligne.
  • en réception, le courant portant le signal audio de votre interlocuteur est appliqué aux écouteurs.

Si vous disposez de ces appareils, vous pouvez en faire différents usages :

  • simple sonette distante : disposez un téléphone MARTY d’un côté avec sa magnéto, et raccordez le via les plots L1/L2 à une sonnette que vous disposerez en un autre point de votre maison. En tournant la dynamo, il est possible d’appeler « à table ! »
  • interphone : disposez un téléphone MARTY à chaque extrémité de la ligne privative, raccordez une sonnette à chaque téléphone MARTY sur les plots S1/S2, raccordez une batterie locale (pile de 4,5 V par exemple) sur les plots CM/ZM de chaque téléphone. Vous pourrez ainsi avertir votre correspondant que vous souhaitez établir une communication en tournant la manivelle, puis en décrochant aux 2 extrémités, il sera possible de dialoguer.
  • raccordement sur le réseau téléphonique public : je n’ai pas tenté mais cela semble tout à fait possible en raccordant les plots L1/L2 sur la ligne. Pour pouvoir raccorder une sonnette, il faut l’isoler de la tension permanente du réseau téléphonique en insérant un condensateur 2,2 uF.

   Quelques photos de l’installation en mode « interphone ». Le boîtier piles contient 3 accus de 1,5V.

 Bibliographie

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